Claude BARRÈRE

Don d'Eden


Avec patience, la peinture si étonnamment sensitive d'Alain BESSE se dispose, et nous dispose à quelque Eden singulier. Non par citation érudite ou nostalgie d'après la faute, mais tout naturellement, originellement. Par sorte d'évidence native qui interpelle en nous l'enfance.

Loin d'assigner à un exotisme gratuit, une telle quête induit en proximité, depuis les effets mêmes de ces contrées à la présence soudain révélée.

Enluminures paysagées, comme au premier matin, qu'une rosée d'éveil découpe en végétations subtiles et fleurs exquises, habite d'aléatoires chemins pâlis, rythme d'eaux calmes suspendues et de ciels à la ferveur colorée inédite.

Îlets, rivages, rochers, collines et monts... pris dans l'escarpement initiatique ou l'abandon extasié : La scène est prête pour accueillir un devisement du monde, ordonnancé et ludique à la fois, et propre à dessiller le regard du spectateur.

Le lieu, le pays plus que le paysage, trouvent ici à se nommer en une coïncidence exemplaire, où le réel, à ce point stylisé, se transmue en mémoire vive.

Laissons-nous pénétrer, absorber, méditer et nourrir par cette manne créatrice, toute travaillée d'échos entre ciel et terre, temps et espace, formes et couleurs.

Laissons-nous guérir et renaître en cette offrande lyrique.

 

Claude BARRÈRE, Poète, février 1998

 

 

 

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