Textes a propos des oeuvres abstraites

Eclairements

 

Ainsi, une fois accompli le saut de l'ange de l'horizon, les chemins des toiles paysagées d'ALAIN BESSE devaient nous conduire dans ces contrées où l'âme emprunte les plasticités fuguées de la couleur.

 

Traduction selon le souffle, celui qui travaille de météores ignés les cosmogonies secrètes, qui court dans la musique des sphères et se mue en appel intensément poétique.

 

Celui qui combat, au quotidien, la ténèbre sédimentée et la dénoue en assomptions et apothéoses, offrant à chacun l'intériorité projetée d'un rendez-vous céleste, sur la terre. 

 

Claude BARRÈRE, poète, août 1999

 

 

Mon propos est essentiellement une recherche de traduction de la lumière, un travail à la fois technique et sensible, à partir d'une longue exploration de la matière et aussi d'un processus de captation qui m'inscrit dans une quête et un cheminement de découvertes intenses.

Un travail qui pourrait s'apparenter à celui de l'icône, car il s'agit depuis "l'oeuvre au noir" de faire émerger la lumière dans ses diverses phases d'application. Non comme un combat mais plutôt comme une lente transformation qui aboutirait à sa propre sublimation.

"La couleur leitmotiv" est au service de l'oeuvre, par sa mise en place mouvante, dont les nuances s'épousent dans l'harmonie. Un art que l'on qualifierait d'abstrait mais qui en fait n'est qu'un aboutissement de la figuration. Il est important de saisir cette émotion avec simplicité et de se laisser pénétrer pour que s'offre à chacun l'intériorité projetée d'un rendez-vous céleste sur la terre.

Tout cela prend sa véritable dimension dans une exposition, dans un lieu et un espace choisis, pour privilégier le regard du visiteur. 

Alain BESSE, septembre 2001

 

 

 

Point de vue

 

De cet oeuvre peint, l'essentiel n'est peut-être pas dans le choix des thèmes ni de l'expression picturale, mais plutôt dans l'aventure poétique d'un paysagisme abstrait et lyrique à la manière de Zao Wou-Ki, dans le frémissement lumineux d'une palette visionnaire à la Turner ou dans les tentations d'un orphisme si cher à Apollinaire via le couple Delaunay.

 

Quand le regard et l'âme musardent de flammes chatoyantes et puretés de gemmes en délicates opalescences pour soudain se perdre dans d'ultra-marines nuances abyssales, on se prend à désirer avec le paradoxal Oscar Wilde que la nature se décide à imiter l'art !

  

Jean Paul FRANCES, Professeur, novembre 1999

 

Alain BESSE révèle, dans sa peinture, un bouillonnement de matière aérienne, une lutte de l'obscurité et de la lumière qui sort toujours victorieuse. Alain BESSE a-t-il un jour enfourché Pégase et découvert dans l'espace les visions qu'il offre avec une délicatesse transparente? A moins qu'immobile il pratique le voyage intérieur qui lui révèle des lueurs intimes qu'il nous confie généreusement.

Avec une technique accomplie, une fluidité mouvante, un lustre éclatant, Alain BESSE fait naître de l'obscur une lumière rêvée. Une lumière qui réconcilie les contraires et les dualités, pour de toujours nouvelles apothéoses qui semblent nous donner rendez-vous. La poésie d'Alain BESSE est celle d'un voyageur de l'âme qui contemple immobile l'illumination à venir.

 

Jean Gabriel JONIN, peintre, écrivain

Cordes-Sur-Ciel 2004

 

 

Ce qui perdure, évolue ! Tel est le paradoxe des artistes exigeants que de nous donner à voir – par-delà un style affirmé – ce qui ne cesse de travailler la matière de chaque toile, d'en déplacer les limites, d'en refonder la lumière, au point de s'approcher toujours plus du cœur de la création même.

Alain BESSE rend sensible, pour l'amateur, ce cheminement qui fait coexister des compositions, toujours étonnamment prégnantes par leur clair-obscur, avec de purs effets d'atmosphère. Turner n'est pas loin de ces parages où s'invitent valeurs d'air et d'eau en mouvances diaphanes et buées subtiles ; nuagisme à l'oeuvre dont la geste s'enrichit encore d'écritures-palimpsestes inédites...pour un abandon poétique encore amplifié !

 

Claude BARRÈRE, poète (avril 2007)

 

Il est des images comme des miroirs

où s'embrasent

les feux intimes de la nuit.

Et des occasions rituelles

qui permettent

d'épanouir le silence. 

 

Françoise PALOMERA

 

 

Alain Besse naïf, soit, le peintre le fut, mais d'une naïveté savante dans la lignée du Douanier Rousseau. Ses compositions d'alors baignaient dans une lumière irréelle, presque hiératique. Puis vint la période abstraite, l'actuelle. Pénétrées alors par les grands visionnaires de l'espace : Patinir, Turner et quelques autres, ses compositions d'aujourd'hui s'élaborent dans le creuset d'un riche magma originel. D'une sorte de matrice alchimique, où les éléments bouillonnent, fusionnent et célèbrent les noces éternelles de l'Eau, de la Terre, de l'Air et du Feu, s'enfantent pour notre plus grand saisissement, des trouées, des issues de lumière, des tunnels où les ténèbres se disloquent et se dissipent, où la couleur clame victoire.

Peinture de passages, peinture de cosmogonie, peinture de révélations poétiques mais surtout peinture initiatique, là sans doute sont les piliers de l'œuvre, ses soubassements fulgurants.

A l'évidence le peintre a abouti. Cette oeuvre que l'on peut qualifier de spirituelle de par la démarche qui la porte, démarche interne d'exigence renouant avec le fondamental, conjugue bonheur de peindre et recherches empreintes d'un sens où le sacré n'est plus loin. Car ici le démiurge est à l'œuvre. Alain Besse a savamment franchi l'octroi.

 

Gérard CONTON, écrivain

Cordes-Sur-Ciel, septembre 2008

 

Regard d'astrologue

 

 

Cosmos intérieur

Eclairs dans la nuit, dans l'espace de l'âme

L'intensité des couleurs

Dégage une énergie lumineuse

Irradiante

Incandescente

Salvatrice

Le blanc dans sa pureté

Est toujours présent

Lumière absolue

côtoyant souvent le noir intense et profond

La peinture d'Alain Besse est plutonienne

Intense toujours

Elle nous parle de combat intérieur

De naissance - renaissance

D'intuition, fulgurances venues de loin

Du choc, du lien, de la fusion

Entre les profondeurs abyssales de soi

Et du Ciel

Cette créativité est le fruit d'une reliance verticale

Et la vibration dégagée est en relation directe avec cette perception du Divin

A chacun ensuite de ressentir cette énergie qui nous tend un miroir

Vers notre intimité

Abolissant masques et faux-semblants

C'est une sorte de transmission, de partage

Ou d'offrande

Verticalité, Lumière, Intensité

Ces toiles irradient tout simplement

Alain Besse entre en résonnance avec des vibrations qu'il apprivoise

Et canalise à travers l'antenne-pinceau

Ces toiles nous éveillent, nous secouent

Elles nous invitent aussi à l'introspection

A une réflexion sur le Cosmos au sens pythagoricien de "Harmonie"

Du monde et de soi

Ces nuages, ces explosions de lumière

Ces sortes d'intuitions, de fulgurances

Semblent émerger de la nuit

Du chaos

Chaos de l'espace

Chaos intérieurs

Un rideau se déchire

Et du néant, de l'angoisse naissent la lumière, la beauté

La guérison

Eclairs dans l'obscurité

Eruptions de lumière

Bouillonnements énergétiques

Au-delà de cette intensité scorpionique

Tension explosive puissamment poétique

C'est un appel vers l'apaisement

La sérénité

La contemplation

 

Julie CONTON, Cordes-sur-ciel, juillet 2008

 

D’UNE LUMIERE L’AUTRE

avec le peintre ALAIN BESSE


Avec cette 7ème exposition à la Tour de Défense de Villemur-sur-Tarn, l’art pictural d’ALAIN BESSE offre un visage à la fois fidèle et sensiblement renouvelé. Fidèle à cet ascendant coloré fait de subtils passages, objet chez l’artiste de maintes recherches, fidèle à ces suggestions paysagères de rivages écumants, de contrées volcaniques, de vallons et de hauts plateaux où s’invite la clarté… fidèle surtout à cette poétique des Eléments chère à Bachelard, convoquant et mêlant l’Air, le Feu, la Terre et l’Eau. Mais renouvelée par des contrastes plus détonants, pris dans des compositions qui osent un certain déséquilibre des masses… mais renouvelée par un statut de la Lumière plus fulgurant encore dans son avènement.

Ainsi cet ensemble fait cohabiter diverses familles d’œuvres cheminant dans le temps : celles que nous qualifierions d’atmosphériques, vouées aux valeurs d’Air, qui trouvent à accomplir leur « zénitude » en des gris bleutés, animés d’écritures dendritiques… à rapprocher des toiles à musique  qui travaillent avec maestria les correspondances baudelairiennes (« Aria » en serait un des fleurons, depuis sa tache carminée dont l’aura vient dialoguer avec tant de bleus cosmiques!) ; celles qui s’accordent au génie du lieu de temples sacrés et de cités mythiques (des latérites rouges d’Angkor à la splendeur froide et facettée de Samarkand, des tons peignés de « Syracuse » aux rutilances de « Machu Picchu » ou de « Héliopolis ») ; celles qui célèbrent dans la magnificence des divinités-femmes issues d’autres cultures et religions.

Après ces parcours de quiétudes célestes, d’évocations géo-poétiques et musicales, la peinture d’Alain Besse peut s’abandonner au feu chthonien qui transmue et régénère toute chose, traversé ici d’un aérolithe de pure émeraude, entonner son « Gloria », magnifiquement orchestré de rouges et jaunes, et rencontrer enfin le Buisson ardent de la Lumière révélée sur le chemin de l’Exode.

A une telle urgence, l’Informel peut alors se soumettre, modelant et modulant ses empreintes divinisées, pour l’étonnement des hommes.

Plus terrible sera la Beauté à venir !

Claude BARRÈRE, poète, octobre 2009

 

PARCOURS POÉTIQUE AU COEUR DE LA LUMIÈRE


Les toiles d'Alain Besse sont comme "un horizon insaisissable qui peut être la quête d'une vérité sans fin au-delà du visible".

Ces "toiles-horizon" sont hors du temps, d'un temps suspendu, peut-être ?

Elles naissent de son désir de percer les mystères de certains univers. Mais, elles traduisent surtout la saveur des "visions" dont l'artiste connaît la richesse picturale.

Son "écriture" prend chair dans l'alchimie des couleurs, celles des matières dont il maîtrise les techniques. Les éclats irisés d'une palette luxuriante dominée par des verts intenses, des bleus de lapis, des oranges flamboyants, des rouges et noirs en fusion, résonnent dans une rare complexité chromatique, qui peut paraître chaotique. Mais, la lumière qui s'en dégage est évanescente, poudreuse ou brutale créant ainsi d'étranges et somptueuses trames où le regard se perd dans les profondeurs de l'invisible.

Cette abstraction lyrique est comme une plongée, en eau profonde, dans le ruissellement de notes de musique, dans les entrailles d'un volcan, les beautés perdues de villes oubliées... sorte de fuite sans fin de la lumière. Lumière, mystérieuse, éphémère, éblouissante, génératrice de tensions, qui éclatent, s'évanouissent, une réponse peut-être à la recherche de cet équilibre fragile entre la vision intérieure du peintre et le réel duquel il cherche à s'abstraire.

Si "l'artiste n'est qu'un intermédiaire" et que "tout vient d'ailleurs" alors, Alain Besse est ce passeur de rêve qui préfère "fixer des mirages éblouissants plutôt que de copier des objets". Et, il me semble, qu'à la façon du peintre Zao Wou-Ki, Alain Besse aimerait que l'on se promène dans ses toiles comme il s'y promène en les faisant... avec bonheur!


Marie France GALLAIS-SALINGARDES

Cordes-Sur-Ciel, août 2010

 

 

Lumière   Souffles…

 

MÉDITATION…

 

Basée sur la méditation, la peinture d’Alain Besse pourrait déboucher sur un monde individualiste, indépendant, hermétique…

Au lieu de cela, on se retrouve au seuil d’un espace ouvert, accessible, céleste, que l’on pense immuable, et qui change sans cesse.

Ce qui fait l’intérêt d’une telle quête éthique aussi bien qu’esthétique, ne réside pas dans les schémas de composition qui risqueraient de tourner aux stéréotypes, mais au contraire dans une animation intérieure tellement modulable, qu’un simple souffle pourrait la déplacer, la modifier.

L’inspiration du peintre n’étant pas sous-tendue par une quelconque volonté de choquer, de surprendre, ses œuvres échappent à tout risque de « vulgarité ».

Initié, néophyte, profane, qu’importe le regard, l’ivresse sera toujours au bout de la contemplation. 

 

DESTIN…

 

Alain Besse traduit, par une sorte de processus alchimique, les effets naturels les plus complexes, contrôle la lumière sans affaiblir son intensité ; c’est un peu comme si l’artiste suivait de près les expériences menées à partir de l’opale, ce cristal photonique naturel qui passionne certains de nos scientifiques.

Par la rencontre de deux intensités lumineuses, le peintre parvient à créer une sorte d’interférence transversale qui se propage vers la partie supérieure du tableau, jusqu’à atteindre le point d’une autre existence ; en supprimant les appuis rassurants et commodes que sont l’eau et la terre, il se prive volontairement des accords harmoniques basiques.

En peignant par soustraction, Alain Besse pourrait s’abîmer dans le vide, or, par le biais de l’immatérialité, il frôle l’absolu.

Insensiblement, la matière est bannie, l’homme n’est plus le protagoniste de l’histoire, le créateur le laisse seul face à son propre destin.

ESPOIR…

 

Par une démarche initiatique délibérée, Alain Besse parvient à franchir l’horizon, à cueillir ce que les mystiques orientaux ont baptisé « le fruit des noces chimiques ».

Tout signe allusif attaché à une réalité formelle disparaît, « le voyageur » se retrouve confronté à un monde anté-originel, un espace libre où tout reste possible.

La générosité est là, source d’inspiration : les formats sont petits mais la peinture immense, il y a place pour des milliers, des millions de regards en quête d’amour infini.

L’œil peut s’aventurer entre deux glacis, franchir sans réfléchir les frontières d’un monde, qui reste à découvrir.

La peinture d’Alain Besse n’est pas seulement réservée à l’élite stendhalienne des « Happy Few », elle convient à tous ceux qui rêvent de voyages non encore inscrits au tableau d’un tour opérator.

Alain Besse se place dans un courant pictural qui a choisi de donner un avenir au futur artistique ; il a su refermer la Boîte de Pandore, juste au moment où l’Espoir allait s’en échapper.

                                                                                                                     Aline LLAREUS-DINIER

                                                                                                                             Critique d'Art D.U

 

 

        De ce voyage immobile ressort une nécessité corollaire dont le peintre a la maîtrise : le traitement des couleurs se doit, dans ce contexte, d'apporter lui aussi sa part d'irréalité. Quantitativement, il y a "resserrage" vers trois ou quatre tons dominants par tableau. Ils sont issus d'une alchimie de palette dont les penchants tendent aux bleus rares et aux gris d'aciérage que viennent brûler des rouges de forges ou des fumées de soufre.

        C'est bel et bien de matière et de fusion qu'il s'agit, dans une création globale où la dissimulation, lentement, le cède à l'émergence, quand rien ne semble circuler vraiment mais où tout paraît natif. Je perçois encore, dans les zones sombres qui presque toujours recouvrent les parties basses de ces compositions un désir de retour à la terre et au sol destiné à nous rappeler la faille vive ou l'échancrure des bassins.

        Je ressens que, fondamentalement, ce projet pictural dépasse la volonté exclusive de traduire un monde purement fait de nuées en interférences pour se porter vers un cosmos élargi. Là se  situe sa force intrinsèque, liée à la composante visionnaire dont il est doté de surcroît. Par cette aptitude si caractéristique qu'il a également à faire sourdre une pensée inquiète lorsqu'il se plaît à conduire la perception vers ces abîmes de clarté aveuglante où la fusion chromatique est telle - suprême paradoxe pour le coloriste puissant qu'est Alain BESSE ! - qu'elle y tend à la non-couleur absolue.

 

                                                                                             Charles BAGIOLI

Historien d'Art

 

 

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